L'avènement des technologies de l’information et de la communication ne cesse de redessiner notre environnement social. La prostitution par exemple connaît une surprenante mutation au Cameroun. . Elle est,depuis quelques années, en train de quitter les rues et les bars des principales métropoles camerounaises pour le Web
Les gérants des cybercafés sont devenus des véritables dictionnaires des différents sites de rencontres et de recherches matrimoniales.Assis devant un écran dans ce cybercafé de Bonabéri à Douala dans le département du Wouri, Elodie, surfe comme nombre de jeunes de son âge. Elle est abonnée à plusieurs sites de rencontres, comme nombre de ses voisines qui s’amusent sur ces sites internet.
Aujourd’hui, il a décidé de " rechercher un blanc ". " Je suis étudiante et je voudrais me caser. Il me faut un blanc ", avoue la jeune Elodie. Elle n’est pas seule dans cette aventure.
Dans ce cyber de Bonabéri, trois autres femmes éclatent de rire de temps en temps. Elles sont connectées sur le site Affection.org. Judith vient tout juste de s’inscrire et les deux autres voisines de cette dernière l’aident à répondre à des messages instantanés d’un correspondant connecté en Belgique. Les deux voisines de Judith lui prodiguent des conseils, elles dictent des messages dans un document mis en vente dans ce cyber contenant des belles phrases « amoureuses » dit on là bas.
La relation entre la Camerounaise et le Belge a commencé par la publication d'une annonce sur le site sus cité" Jeune femme, Camerounaise, célibataire, 27 ans, 1,60 m, 60 kg, courageuse, sans enfants , non fumeuse souhaite correspondre avec homme blanc parlant français (33 - 55ans) pour une relation sérieuse voire mariage. Joindre photo. Africain, s’abstenir".
Après seulement trois jours de correspondance avec ce Belge, Elodie pense déjà au mariage. Elle rêve déjà de carresser une vie décente et promet déjà une nouvelle maison à sa maman au cas où elle ira en Belgique.
Le gérant de ce cybercafé explique également que cette jeune fille n’est pas seule dans cette situation
Au soir du 18 avril 2009 à 21 heures, sur les sites internet Affection..org, l’on dénombre 7 260 camerounaises, sur 4adate.net, elles sont au nombre de 93 44, sur meetic.be, elles sont 125 362, Amour.org, 536 845, sur 123love.com, elles avoisinent le chiffre de 37 236, le nombre étant évolutif à la minute. Sur rencontres-francophones.net/afrique/cameroun/, elles sont au nombre de 9563, rapide-rencontre.com caracole à la tête des sites visités par nos soins avec 96 536 camerounaises.
Quand nous jetons un regard rétrospectif sur ces sites Internet répertoriés, nous constatons qu'en moyenne sur 428 000 visiteurs dans un site, 189 000 sont des Camerounaises. On note donc une présence effective de nos soeurs dans le web. Le pourcentage de cette présence dans ces sites est répartie ainsi : Cameroun 52,7%, suivie de la Côte d'Ivoire 32,83%, du Bénin 22,4% , du Togo 17,02%, du Sénégal 15%, du Mali 10% et du Maghreb 7,85%. Le Cameroun encore champion ! ! !
Au Cameroun, des sites Internet d’escorte girls ont vu le jour http://rj.michel.free.fr par exemple offre ses services à travers les étudiantes, scolaires, jeunes filles aux chefs d'entreprises en déplacement.
A la faveur du développement de l'Internet interactif (Web 2.0), des centaines de blogs de rencontre foisonnent sur la toile. http://33love.unblog.fr/ constitue un exemple palpable ou mieux encore le lien d’une agence spécialisée http://helenelyna.unblog.fr/2007/05/25/mon-agence/
Plusieurs femmes et hommes camerounais passent le clair de leur temps à chercher des époux blancs dans le web. Faites tout simplement une petite recherche de Camerounaises et Camerounais dans ces sites et vous verrez les résultats.
Une autre découverte, allez dans les cybercafés, vous allez constater que dans certains parmi ces cybers se trouvent désormais des box de conversation VIP avec des rideaux servant à « cacher l’intimité du client qui très souvent doit se déshabiller pour les bons yeux de son correspondant » nous confie Michel T, propriétaire d’un cybercafé au quartier Akwa à Douala.
Nos soeurs sont devenues de véritables " choses " pour reprendre un comédien de Douala ? Nos frères ont-ils perdu de repères ? Comment imaginer qu'une étudiante de troisième année Psychologie se permette de poser nue dans toutes les positions possibles pour le bonheur des yeux de son correspondant ? Qu'est ce qui les intéressent dans cette entreprise ? Les hommes ou les femmes sont-ils rares au Cameroun ?
Certaines thèses soutiennent pour répondre à cette kyrielle de questionnement le mobile économique, comme si la dépravation des moeurs n'était pas prévisible.
D'autres pensent à la mondialisation avec ses corollaires liés à l'extraversion. Pour l'heure la législation camerounaise est muette en ce qui concerne la répression de la cyberprostitution.